(Photo : Archives - Nordy)
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CSSRDN : Des parents apprennent une annulation de transport à 2 minutes d’avis

Par Luc Robert

Des parents de Saint-Hippolyte ne décolèrent pas envers le Centre de service scolaire de la Rivière-du-Nord (CSSRDN) et une firme d’autobus. Il y a une annulation d’un transfert à deux minutes d’avis au point d’interconnexion de l’école polyvalente de Saint-Jérôme. Cette annulation a résulté par l’abandon sur place de plusieurs élèves.

Le mardi 7 novembre dernier à 16 h 38, un message de modification a été envoyé par courriel aux parents à 16 h 40, spécifiant que la liaison du tracé no. 164 n’aura pas lieu… 2 minutes plus tard.

« Désolée pour la montée de lait, mais recevoir un courriel d’annulation du circuit à 16 h 38, pour un départ à 16 h 40… c’est inacceptable ! Je comprends qu’il y ait une pénurie de chauffeurs, mais il y a des limites. Je ne vois aucune prévoyance des autorités ! On reçoit les avertissements de plus en plus tard. Comment est-on supposé s’organiser à la dernière minute, surtout quand on travaille à Montréal, lorsqu’on a pas de famille à Saint-Jérôme et qu’on est pris dans la circulation lourde ? », a questionné tout-haut Julie Bousquet.

Dernière minute

Répartitrice pour une firme de mécaniciens à Lachine, où travaille aussi son conjoint, la mère de famille déplore les modifications de dernières minutes.

« C’était la quatrième semaine de suite sans transport scolaire vers le secteur Lac Bertrand ! Ça se replaçait depuis deux jours et c’est recommencé avec des alertes de dernières secondes. On paie des taxes scolaires pour quoi au juste ? Est-ce qu’on nous remboursera les désagréments causés par la situation ? Il n’est pas normal qu’un enfant doit attendre près du vestibule de l’école polyvalente en automne/hiver pendant 1 h 30, vu le trafic sur les autoroutes 13 et 15 et une annulation. Si mon mécanicien ne se présente pas à une réparation prévue sur la route, on peut perdre un contrat instantanément. Pourquoi tout a été annulé, sans impunité, à Saint-Jérôme ? », a-t-elle questionné.

« Pris de court »

Au CSSRDN, on avoue avoir été pris de court par l’annulation soudaine du parcours.

« Effectivement, ce circuit a été annulé à la dernière minute en raison de l’absence du chauffeur. Nous n’avons pas été informés de la situation, ce qui explique l’envoi tardif de la communication aux parents. Cela est vraiment inhabituel. De façon générale, nous sommes informés plus tôt dans la journée d’une annulation de circuit. Dès que nous recevons l’information, nous la relayons aux parents », a commenté Mme Mélanie Dufort, coordonnatrice aux communications au CSSRDN.

Mme Bousquet demande si des mesures d’atténuation pourraient être mises de l’avant par l’organisme.

« Ils pourraient au moins avoir l’intelligence d’alterner avec d’autres circuits (les changements de chauffeurs), pour ne pas toujours pénaliser les mêmes trajets et étudiants. Je suis certaine que nous sommes plusieurs dans la même situation dans tout le territoire », a-t-elle soulevé.

Solutions ?

Le CSSRDN avance qu’instaurer une heure limite d’avertissement avant l’annulation d’un trajet précis, que les transporteurs devraient respecter à la lettre, n’est pas une mince tâche à accomplir.

« Cela serait difficile [à établir] parce qu’il n’est pas possible de prévoir à l’avance, à heure fixe, qu’un chauffeur sera absent pour effectuer son circuit. En collaboration avec nos partenaires transporteurs, tout est mis en œuvre pour que les parents soient informés le plus tôt possible. […] Nous tentons effectivement de faire des rotations sur les circuits affectés par le manque de chauffeurs. Toutefois, il faut aussi comprendre que ces derniers ont des ententes de travail qui incluent notamment leur choix de circuit. Il n’est donc pas toujours possible de procéder à ces rotations », a spécifié Mme Dufort. 

Interrogé par Le Nord, un chauffeur d’autobus préférant taire son nom a ajouté qu’apprendre un circuit en zone rurale représente un défi de plusieurs jours pour un conducteur régulier.

« Avec les familles recomposées et deux endroits où peuvent être déposés un même enfant, en plus des subtilités des trajets, il demeure très difficile pour un remplaçant de dernière minute de se retrouver s’il provient d’un autre secteur. Alors, je ne suis pas surpris que le transporteur ait autant de trouble à dénicher des chauffeurs de dernière minute. Le CSSRDN passe pour le bouc émissaire là-dedans. Mais ça demeure un cercle vicieux. »

 

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