(Photo : Archives)

CISSS des Laurentides : Les professionnelles en soins seront en grève les 8 et 9 novembre 

Par France Poirier

Les professionnelles en soins des Laurentides seront en grève les 8 et 9 novembre prochains. La dernière grève remonte à 25 ans.

Elles se joignent à un vaste mouvement solidaire partout au Québec qui regroupe 80 000 infirmières, infirmières auxiliaires, inhalothérapeutes et perfusionnistes cliniques. 

C’est à la suite d’une consultation référendaire tenue les 24 et 25 octobre derniers que 95 % des membres de la FIQ-SPSL ont voté en faveur de la grève. Le mandat adopté peut aller jusqu’à la grève générale illimitée. 

Un mandat fort

« C’est un mandat fort pour dire au gouvernement que les propositions qu’on reçoit à la table de négociations sont inacceptables, affirme Julie Daignault, présidente FIQ-SPSL. Dans la région, nos conditions de travail sont déjà très difficiles. Ce que le gouvernement veut faire, c’est les dégrader encore plus, en nous traitant comme des pions interchangeables. Il n’a aucun respect pour notre jugement professionnel, nos compétences ou notre vie personnelle ». 

Services essentiels

Évidemment, la grève perturbera les activités du réseau de la santé, mais il est important de rappeler que ce moyen de pression ultime est encadré par les services essentiels. « Nous serons nombreuses sur les lignes de piquetage pour défendre nos droits et celui de nos patient-e-s de recevoir des soins de qualité et sécuritaires », ajoute Julie Daignault. 

Certains secteurs seront en grève, mais les services essentiels seront assurés. On peut s’attendre à une réduction de services. « Le tribunal du travail a autorisé des services essentiels et la grève sera légale. Nous respecterons en tous points les étapes prescrites », expliquait Mme Daignault.

« Les citoyens auront accès aux services dans tous les établissements. Certains vont diminuer, mais c’est à l’employeur de s’assurer d’offrir les services. Nous défendons nos conditions de travail autant que les soins de qualité et sécuritaire pour tous les patients. C’est un grand enjeu, on voit qu’on n’y arrive plus. Il y aura une douzaine de lignes de piquetage officielles. On représente 5 000 membres dans les Laurentides », continue Mme Daignault.

Des syndicats dénoncent le projet de loi 15

Le Syndicat des travailleuses et travailleurs des Laurentides en santé et services sociaux-CSN (STTLSSS-CSN) et l’Alliance du personnel professionnel et technique de la santé et des services sociaux (APTS) Laurentides ont manifesté devant les bureaux du CISSS des Laurentides. Sous le thème « Nous sommes en deuil du sort réservé à nos services publics », ils ont distribué des signets.

Les syndicats sont préoccupés par le projet de loi 15 qui, selon eux, vise la privatisation et la centralisation du réseau de la santé et des services sociaux. « Ce projet de loi menace les bases mêmes de notre démocratie et met en péril les services publics dont nous dépendons. Faut-il rappeler que l’ensemble de la société québécoise bénéficie des services publics, y compris les entreprises privées qui peuvent compter sur une main-d’œuvre soutenue par l’État ? », ont-ils fait savoir par voie de communiqué.

« Le réseau de la santé et des services sociaux au Québec a toujours été un pilier de notre démocratie, offrant des soins universels et un soutien équitable à tous les citoyens. Cependant, la privatisation croissante de ces services menace de nous priver collectivement de ces principes fondamentaux », souligne Dominic Presseault, président du STTLSSS-CSN.

« La privatisation éloigne le contrôle des services de santé et sociaux des citoyens et de leurs représentants élus, ce qui porte atteinte à la transparence et à la redevabilité. La participation d’entreprises privées dans la prestation de services de santé et de services sociaux ouvrira la porte à des décisions basées sur la rentabilité plutôt que sur les besoins de la population », explique Marie-Ève Meilleur, représentante nationale de l’APTS.

« Avant qu’il ne soit trop tard »

Les syndicats mettent en garde le gouvernement d’adopter en urgence un projet impliquant des changements qui mettent en péril l’accessibilité aux services. Les deux dernières réformes n’ont en rien résolu les problématiques vécues dans le réseau, ni favorisé la qualité de ceux-ci, plaident-ils. Les syndicats appellent l’ensemble de la population, et particulièrement les décideurs, à exiger du gouvernement de la rigueur et à éviter les décisions électoralistes, car les enjeux sont trop importants. Ainsi, les syndicats continueront d’exiger un vrai débat avec tous les acteurs concernés et d’autres actions seront organisées en ce sens.

Le Front commun en grève le 6 novembre

Le Front commun, qui regroupe les membres de la CSN, de la CSQ, de la FTQ et de l’APTS, a confirmé qu’une grève aura lieu le 6 novembre. 

Des milliers de travailleurs du Front commun ont manifesté le 23 septembre dernier pour dénoncer les offres du gouvernement qu’ils jugeaient insatisfaisantes. À noter que les services essentiels seront maintenus. 

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