Accès au lac Connelly : Retour à la case départ pour plaisanciers et pêcheurs

Par Luc Robert
Accès au lac Connelly : Retour à la case départ pour plaisanciers et pêcheurs

Les problèmes d’accès au lac Connelly, rencontrés en 2018 par plusieurs plaisanciers et pêcheurs, risquent de survenir à nouveau en 2019, à la suite de la vente d’un terrain privé, qui servait de principale rampe de mise à l’eau.

Ce plan d’eau de Saint-Hippolyte, d’une superficie totale de 1,24 hectare, est très convoité par les amateurs de sports nautiques. Un groupe de neuf acheteurs, principalement domiciliés sur le chemin des Colibris et sur le chemin du Petit Ruisseau, se sont récemment portés acquéreurs du terrain. Le Nord a tenté de joindre trois de ceux-ci avant l’heure de tombée, mais en vain.

« On parle ici d’un type « lac fermé », car il n’y a aucune descente publique. Or, en 2018, le mot s’est passé qu’un particulier permettait des mises à l’eau au Lac Connelly, moyennant une trentaine de dollars, alors qu’au lac de l’Achigan, la tarification journalière pour un non contribuable (groupe 8, embarcation motorisée) atteint 300 $ par jour, à la plage municipale. Nous nous sommes donc retrouvés avec d’immenses bateaux sur le petit lac Connelly, certains avec des couchettes », a constaté M. Guy Rondou, président de l’Association des propriétaires et des amis du lac Connelly inc. (APALC).

Cet organisme suit de près les pratiques environnementales du lac et de ses bassins versants. La présence de multiples bateaux pourrait poser problème, s’ils ne sont pas lavés avant l’immersion.

Devant la ruée d’embarcations, le maire Bruno Laroche a dû communiquer avec les propriétaires de l’époque du terrain, afin que cesse le tour de passe-passe, à la descente privée.

« Ils n’étaient pas au courant que le particulier, nommé pour voir à l’entretien de la descente, chargeait un montant pour l’utiliser. Les ex-proprios ont fermé la descente pour le reste de l’été, mais l’ont laissée ouverte à l’automne pour ceux qui avaient déjà mis leur embarcation à l’eau et qui devaient la sortir, pour entreposage ».

Plusieurs propriétaires d’embarcations, retardataires à les descendre sur le lac au printemps, sont demeurés le « bec à l’eau », sans pouvoir utiliser la rampe d’accès dudit terrain, malgré qu’ils avaient défrayé le coût exigé par le particulier. C’est en multipliant

les appels à d’autres propriétaires de descentes privées, autour du lac, que certains plaisanciers ont pu procéder et bénéficier de leur loisir nautique préféré.

Station de lavage

Dans son prospectus, le parti du premier ministre François Legault a été clair envers les plans d’eau québécois. « Pour la CAQ, il est primordial de s’engager à travailler main dans la main avec les municipalités (…), afin que les Québécois puissent profiter de leurs nombreux cours d’eau navigables ».

Le maire Laroche est bien au fait du désir d’accessibilité, prôné par le gouvernement du Québec. Mais la municipalité de Saint-Hippolyte semble prise entre l’arbre et l’écorce.

« Je n’ai aucun problème à ce que les pêcheurs et plaisanciers utilisent nos plans d’eau. Nous sommes d’ailleurs à mettre sur pied une station de lavage de bateaux, au nouvel écocentre, en plus de celle existante au lac de l’Achigan ».

« Dans le cas du lac Connelly, l’exercice (brainstorming) a été fait et il n’y a pas eu de manque de volonté. Nous sommes prêts à soutenir l’APALC, pour une station de nettoyage à prédominance environnementale. Nous avons même proposé d’utiliser une partie des 100 000 $ du « Fonds vert en environnement », pour aider à son élaboration. Mais le terrain a été vendu ».

Le contrôle des embarcations étant impossible pour le moment, les risques d’un nouvel épisode d’algues bleues vertes, ou d’une prolifération de myriophylles à épis, au lac Connelly, ne peuvent être écartés totalement. Plusieurs riverains craignent une baisse au rôle d’évaluation foncière de leur immeuble, si des mesures ne sont pas adoptées.

« Nous continuons les démarches auprès de propriétaires riverains, mais les terrains libres sont rares, autour du lac Connelly. Nous allons aussi tenter d’établir un contact avec les nouveaux proprios de la descente privée, récemment vendue. Nous sommes prêts à signer un bail emphytéotique. L’APALC peut gérer une mini-station de lavage, avec des heures d’ouverture, du personnel et inscrire un numéro de téléphone d’aide sur une pancarte. Les proprios intéressés peuvent me joindre », a repris M. Rondou.

Un terrain de 27 000 pieds carrés avait été ciblé dans la « baie de Gosselin », située au nord-est du lac, comme solution possible.

« L’endroit semblait idéal, pour établir une station de lavage et même un camp de jour. Sauf que d’autres évaluations ont démontré que le terrain est inondable et trop petit. Nous poursuivons nos recherches. L’APALC déplore la situation. Nous sommes désarmés et avons les mains liées », a-t-il achevé.

Lac Connelly

La superficie totale du lac Connelly fait 124 hectares. La profondeur maximale est de 20,1 mètres. Son élévation moyenne est de 191 mètres. Selon TrakMaps, on y retrouve de l’Achigan, du doré jaune et de la truite.

La descente vendue au lac Connelly-nord exhibe une pancarte révélatrice. PHOTO : Luc Robert
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