Elle donne l'espoir grâce aux chevaux

Geneviève Quessy genevieve.quessy@tc.tc
Publié le 19 novembre 2015
Émilie Lecompte Chatel et sa jument thérapeute, Hope.
Photo: TC Media-Élaine Nicol

THÉRAPIE. Émilie Lecompte Chatel s'est promis un jour de consacrer sa vie à redonner l'espoir à ceux qui l'ont perdu. Jumelant sa passion des chevaux aux connaissances acquises au cours de ses études en psychoéducation, elle a développé un programme de rétablissement assisté par le cheval (PRAC), dont certains usagers en Psychiatrie de l'Hôpital de Saint-Jérôme ont bénéficié avec bonheur, le temps de son stage de maitrise.

Hope, sa jument thérapeute, a de grands yeux pleins de douceur. Impossible de ne pas tomber en amour avec elle! «Je choisis toujours des chevaux très doux, souvent âgés,» dit la psychoéducatrice. «J'emmène les gens à découvrir le cheval, à apprendre à en prendre soin. Les chevaux sont des animaux très sensibles, très émotifs. Ils reflètent souvent notre propre état intérieur. On se questionne alors sur ce qu'ils ressentent, sur ce qu'ils expriment et pourquoi. Le fait que l'attention soit dirigée vers le cheval est moins confrontant que lorsqu'on rapporte tout à soi-même. Ça permet une introspection, des prises de conscience.»

Des retombées positives

Un phénomène également observé par Marc Lardin, psychoéducateur au programme de Psychiatrie à l'Hôpital de Saint-Jérôme. «Cette expérience a eu d'excellentes retombées chez les usagers qui ont participé. On a constaté des petits changements: ils ont fait des prises de conscience, ont augmenté certaines aptitudes au niveau de l'expression de soi, de la capacité à exprimer leurs émotions.»

Ainsi à raison de deux fois par semaine, des usagers hospitalisés ont vécu 6 séances de groupe en contact avec les chevaux d'Émilie. «On crée des mises en situation. En plaçant des objets par terre, on recrée symboliquement des lieux significatifs pour la personne. On regarde ensuite comment le cheval réagit et on en discute.»

Vivre la thérapie en groupe est d'une grande importance. «Le cheval ne coopère que si le groupe fonctionne bien. Il faut que chacun reconnaisse et extériorise ses émotions. Il faut trouver son rôle, sa place, établir ses limites. Certaines personnes choisiront de rester derrière et seront heureuses avec ça, d'autres voudront se mettre en avant et prendre des initiatives: l'important c'est d'en arriver à un consensus ensemble.»

Apprendre à mettre sainement ses limites

Reconnu pour sa grande sensibilité, le cheval est également un animal qui ne se laisse pas marcher sur les pieds! «C'est vrai que les chevaux ne perdent pas de vue leur bien-être,» dit Émilie. Ils expriment leurs limites, leurs émotions, et exigent la même chose de nous. » Apprendre à mettre ses limites face au cheval a un côté thérapeutique qui change la vie de certains patients. «L'objectif est de développer des réflexes qu'on peut ensuite appliquer dans notre vie de tous les jours.»

Persuadée qu'on peut retrouver l'espoir et la confiance en la vie, et même les développer si on ne les a jamais ressentis, Émilie Lecompte Chatel invite ses patients à sortir de leurs sentiers battus. «C'est le principe de la psychoéducation que de mettre les gens en action. Souvent, même malheureux, on s'est créé un sorte d'équilibre. Pour s'en sortir, il faut le remettre en question, susciter un déséquilibre pour ensuite retrouver un équilibre plus sain, de nouvelles habitudes.»

Rééquilibre, c'est le nom de compagnie sous lequel Émilie offre ses services. «Dans ce mot il y a «équi», pour cheval, mais il y a aussi cette idée de créer un nouvel équilibre.»