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Le nombre de fugues a doublé en un an...

Article mis en ligne le 25 novembre 2008 à 16:48
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Le nombre de fugues a doublé en un an...
En moins d'un an, le nombre de fugues au Centre Bocage (Saint-Jérôme) des Centres jeunesse des Laurentides a doublé.
Par Mychel Lapointe et Isabelle Houle

Dans les faits, on est passé de 49 fugues compilées pour l'entière année 2007 à 97 dénombrées à ce jour (en date de lundi dernier) selon les statistiques obtenues du service de police de la Ville de Saint-Jérôme où un signalement est enregistré à chaque fois.

On inclut dans ces statistiques autant les jeunes qui réussissent à quitter le centre sans avertissement que ceux qui ne sont pas de retour après une permission de quelques heures ou d'une journée.

Toujours important

Au service de police, même si une bonne part de ces fugues sont généralement résolues dans des délais assez courts, on considère tous les signalements enregistrés comme important.

« À nos yeux, chaque signalement est important, car on ne sait jamais au départ en quoi ça va résulter... " note le directeur Pierre Bourgeois. « On ne doit pas perdre de vue qu'on parle ici de jeunes à risque qui peuvent être recrutés par des organisations (lire ici, des jeunes susceptibles de se retrouver dans des endroits fréquentés par des toxicomanes ou dans des gangs de rue de Montréal) ».

« Il est par contre utile de noter qu'un bon pourcentage de ces fugues sont rapidement résolues. Souvent, on voit réapparaître les jeunes dans les heures qui suivent. Parfois ça peut aller jusqu'à une journée ».

Dans certains cas, des parents de jeunes qui ont accueilli les fugitifs à la maison vont appeler au poste de police pour signaler que le jeune recherché est à la maison. Dans d'autres cas, nous dit-on, ce sont des travailleurs de rue de Montréal ou d'autres corps de police de la province qui communiquent avec leurs collègues de Saint-Jérôme quand ils retrouvent un jeune provenant du Centre Bocage de Saint-Jérôme.

N'empêche que dans certains cas, souligne M.Bourgeois, les fugues sont plus sérieuses. « Pour être généreux, je dirais qu'on peut parler de 20 % des cas où la fugue dépasse une semaine... " note-t-il.

En clair, 20 % de 97 cas de fugues recensées cette année, c'est 20 dossiers qui mobilisent les policiers et pour lesquels un mandat de recherches est lancé.

Pas de contrôle

A la direction des Centres jeunesse des Laurentides, on ne nie pas que les cas de fugues ont doublé depuis un an (on dit se fier aux chiffres obtenus par le Journal LE NORD auprès de la police de Saint-Jérôme), mais on avoue en quelque sorte son impuissance devant la situation.

« Il faut savoir que le Centre Bocage est un centre de transition. C'est un centre ouvert, c'est-à-dire que les portes ne sont pas barrées. Les jeunes (en majorité des adolescents) nous sont envoyés ici par jugement de la cour. Quand ils arrivent, nous tentons d'établir avec chacun un plan d'intervention dans lequel il se sentira à l'aise. Mais quand un jeune décide de fuguer, on n'a pratiquement pas de contrôle, puisque, par la loi, il nous est impossible de l'arrêter... » nous dit Mme Julie Lemieux-Côté, responsable des communications aux Centres jeunesse des Laurentides, qui se faisait la porte-parole de ses patrons non disponibles pour répondre à nos questions.

Batshaw

Pour ce qui est du Centre jeunesse Batshaw à Prévost (qui ne fait pas partie des Centres jeunesse des Laurentides), les fugues sont aussi monnaie courante, toutefois, les évasions ne surviennent que très rarement.

« La position géographique du Batshaw rend les évasions plus difficiles. De plus, les citoyens peuvent aussi reconnaître un jeune fugueur soit par sa nationalité ou ses vêtements. Beaucoup de jeunes viennent des grands centres et sont d'ethnies différentes. Un de ces jeunes qui circule sur la 117 est facilement reconnaissable... » souligne le sergent François Bertrand de la Sûreté du Québec de la Rivière-du-Nord.

Le nombre de dossiers de fugues pour l'année 2008 au Centre jeunesse Batshaw est actuellement de 54. Ces cas sont la plupart du temps, simplement des jeunes qui ont obtenu un congé et qui ne reviennent pas à l'heure demandée.

« Les jeunes qui sont hébergés ici viennent en majorité de Montréal, ils n'ont pas intérêt à se sauver. Quand ils peuvent aller chez eux, c'est là que nous pouvons avoir des problèmes à les ramener. Ici, nous avons une surveillance en tout temps et une étroite collaboration avec les policiers. Nous oeuvrons dans un milieu familial, avec une grande surveillance. Bien sûr, les jeunes qui sont susceptibles d'être un danger pour la population sont placés dans une unité clôturée, mais c'est loin d'être une prison ici » explique Roy Durant, coordonnateur à la supervision d'interventions au Batshaw de Prévost.

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