Quelques musiciens durant l'entracte : (en avant) Julie Triquet, Françoise Morin-Lyons (milieu) Catherine Sansfaçon-Bolduc, Eleonora Turovsky, Christian Prévost, (en arrière) Anne Beaudry, Jacques Proulx, Denis Béliveau et Li Zhe.
LES SORTIES D'ISABELLE:I Musici de Montréal
La musique qui prend vie
J'ai parlé quelques fois de musique classique. Je crois que j'ai été capable de vous illustrer assez facilement ce que j'ai vu et entendu. Dans ce cas-ci, ce sera plus complexe, mais j'espère qu'à la fin de mon texte, vous serez intrigués d'aller voir par vous-même ce que I Musici de Montréal peut faire vivre à son public. Il ne s'agit aucunement de musique classique traditionnelle. On est transporté dans un monde de musique de chambre et baroque et contemporaine. Entre son et images, on fait un grand voyage...
D'abord, j'ai recueilli quelques informations sur le programme de la soirée. I Musici de Montréal est dirigé par le violoncelliste Yuli Turovsky. L'orchestre est composé de 15 musiciens. Si on parle du rayonnement du groupe, il se résume à plus de 100 concerts par année de par le monde. Depuis ses débuts en 1983, I Musici de Montréal a enregistré plus de 40 disques compacts pour les étiquettes Chandos et Analekta, disques distribués dans plus de 50 pays. Malgré cette grande visibilité, c'était la première fois que j'entendais parler de ce groupe. Une découverte intéressante qui, une fois, de plus, ajoute une corde à mon arc en termes de connaissance musicale.
Musique et images
La première partie du spectacle n'était que musicale, mais tellement vivante! En écoutant, des personnages prenaient vie dans ma tête. Ils sont très doués ces musiciens pour nous transporter ailleurs. Violons, violoncelles et contrebasses s'entremêlaient de façon très harmonieuse. On a pu entendre des morceaux comme le Prélude et Sherzo, opus II, le Prélude Adagio, de Dimitri Chostakovith, aussi de la musique du grand Tchaïkovski.
En deuxième partie, on découvrait « Tableaux d'une exposition » de Modeste Moussorgski. Une musicienne du groupe avait peint des tableaux, parfois abstraits, pour leur donner vie au son de la musique. C'était selon moi, très original. En fait, on voyait des personnages circulant dans un musée ou une galerie d'art, découvrant différentes œuvres. Nous nous plongions ensuite dans chaque tableau. C'était comme une histoire différente d'une œuvre à l'autre. On pouvait par exemple, vivre les péripéties d'un farfadet, danser avec des poussins, voir une maison qui marche, juchée sur des pattes de poules, etc. Tout ça ne semble pas avoir beaucoup de sens, en effet, c'est particulier, mais à découvrir. On sent vraiment qu'on décroche de la réalité.
Fait intéressant, un des membres du groupe, Christian Prévost, est le fils d'André Prévost, le grand compositeur. Le nom de l'auditorium de la Polyvalente de Saint-Jérôme lui est d'ailleurs dédié. C'est là qu'a eu lieu le spectacle samedi dernier. Un bel honneur pour son fils, j'imagine. Bref, un spectacle unique, différent et audacieux. Voilà la preuve que la musique classique peut se manifester de différentes façons.