Sur place, il y avait entre autres, (à l'avant) Mélanie St-Laurent, Marie-Ève Guay, danseuse et chanteuse, Hélène Tremblay, (à l'arrière) François Jobin, écrivain, Michel Dubeau, musicien, Tammy Osler, métier d'art et Lise Létourneau, arts visuels.
Les artistes laurentiens s'indignent
Le conseil de la culture des Laurentides tenait lundi un point de presse à Saint-Jérôme sur les récentes coupures du gouvernement fédéral en culture. Des artistes régionaux étaient sur place pour souligner que leur vie est aussi modeste que les autres citoyens et que ces coupures ne sont pas justifiables.
À l'approche des élections, le Conseil de la culture des Laurentides a voulu évoquer certaines réflexions émises par le gouvernement à l'effet que des artistes seraient des enfants gâtés et n'auraient pas besoin de recevoir des subventions.
« Jusqu'à présent, on a surtout parlé d'argent : des revenus de certains artistes qui seraient des enfants gâtés, des retombées des activités culturelles qui représentent des sommes importantes pour les communautés, de la part per capita des impôts canadiens qui passent à la culture, etc. Sans participation de l'État, combien de spectacles gratuits disparaitraient des rues de la province durant la belle saison ? Combien coûterait un billet de spectacle si le théâtre ne recevait pas un coup de pouce des divers conseils des arts ? Autrement dit, le public ne profite-t-il pas directement, au même titre que les artistes, de l'appui des divers paliers de gouvernement ? S'il en était autrement, la culture ne demeurerait-elle pas l'exclusivité des riches ? », évoquait la présidente du Conseil de la culture des Laurentides, Hélène Tremblay.
Nos artistes
Il a été question des artistes, certains de la région, qui travaillent dans l'ombre souvent dans la précarité la plus totale, soutenus uniquement par la foi en leur art et l'espérance de pouvoir un jour en vivre.
Mélanie St-Laurent, comédienne, cofondatrice du Petit Théâtre DuNord faisait partie des artistes qui voulaient s'exprimer sur la question :
« Parce que je suis une artiste, une citoyenne, et une mère de famille, je m'oppose fermement au plan de sabotage des arts du gouvernement conservateur de Steven Harper. Coupures budgétaires, censures, fausses promesses, insultes et mépris font partie du discours du présent gouvernement et c'est haut et fort qu'on doit le dénoncer. Au théâtre, dans une salle de 100 sièges, un comédien est payé au minimum 100$ par représentation, mais cette somme inclut les 110 heures de répétitions qui ont précédé le spectacle. La vie moyenne d'un spectacle qui marche est d'environ 30 représentations, le double dans un théâtre d'été. Faites le calcul : cela fait 3000 $ pour une soixantaine de jours de travail répartis sur 3 mois; 6000 $ sur 5 mois s'il s'agit d'un théâtre d'été. L'art nous permet de nous exprimer, de voir les choses autrement, de nous choquer, de nous dérouiller de notre routine. Il nous permet aussi de comprendre la vie d'une manière différente, de saisir des nuances. Il nous fait évoluer de façon individuelle ou collectivement. Il permet d'exprimer notre identité, de la libérer. La condition des artistes a toujours été précaire. Mais le péril est encore plus grand devant la proposition du gouvernement actuel. Heureusement, nous pouvons encore voter. »