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Coderre torpille les libéraux

François Laferrière par François Laferrière
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Article mis en ligne le 29 septembre 2009 à 22:04
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Coderre torpille les libéraux
Cela devait arriver, l’ineffable Denis Coderre a démissionné de son poste de lieutenant québécois de Michaël Ignatieff en claquant les portes et en mettant son chef et son parti dans l’embarras.



La première erreur d’Ignatieff aura été, justement, de le nommer à cette fonction vitale pour son parti de lieutenant au Québec. Ce faisant, il pouvait compter sur les talents indéniables d’organisateur politique de Coderre. Par contre, il devait aussi vivre avec son côté sombre de manipulateur et de magouilleur professionnel.



Le chef a oublié dans sa décision que le désir profond de Coderre est de devenir chef du Parti libéral du Canada, soit de remplacer Ignatieff à la prochaine

occasion. Coderre ne travaille que pour Coderre. Il se voit dans la peau d’un Premier ministre.



Dans cette affaire de choix du candidat libéral dans le comté d’Outremont, Coderre a travaillé pour lui-même en voulant empêcher son prochain adversaire à la chefferie d’effectuer un retour à la Chambre des communes. Il n’a pas pensé à son parti car Martin Cauchon est le meilleur choix pour battre Thomas Mulcair au prochain scrutin.



C’est là le fond du problème. Coderre agit pour lui-même, et si ce n’est pas incompatible, pour son parti. Il s’est vu plus gros que son chef envers qui il avait un devoir de loyauté absolue. Mais je pense qu’il ne connaît pas le sens de ce mot.

Dans sa démission, il a poignardé son chef en affirmant que c’est la « garde rapprochée torontoise » de Michaël

Ignatieff qui avait eu le dessus dans le choix du candidat d’Outremont. Il en a même rajouté pour être sûr de faire encore plus mal à Ignatieff en soutenant que cette « garde rapprochée de Toronto» avait une méconnaissance totale de la réalité sociale et politique du Québec.



Avec un ami comme Denis Coderre, Michaël Ignatieff n’a plus besoin du Bloc québécois comme ennemi. Ses efforts pour faire une percée au Québec sont anéantis par l’intérieur, par Coderre qui a donné des munitions sur mesure à Gilles Duceppe.



Dorénavant, le Parti libéral sera le parti des méchants anglais de Toronto. Ces déclarations de Coderre sont fort bien calculées, il pense encore à son avenir de prochain chef des libéraux fédéraux.



En effet, si Ignatieff ne fait pas de

progrès au Québec et ne devient pas Premier ministre ou s’il est élu minoritaire, ce sera de la faute du chef qui ne l’a pas écouté lui, le grand Denis Coderre. Il pense encore à lui, c’est un égo sur patte.



Mais, il oublie une chose, les libéraux ne sont pas dupes. Son manque de loyauté flagrant envers le chef le suivra partout dans les coulisses de son parti. Et ici, au Québec, la population ne voudra jamais d’un Denis Coderre comme Premier ministre. Du moins je l’espère, ce serait impensable.

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