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La tarification gouvernementale doit être revue

François Laferrière par François Laferrière
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Article mis en ligne le 23 septembre 2009 à 9:35
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La tarification gouvernementale doit être revue
Le gouvernement de Jean Charest a utilisé le fameux bâillon pour passer sa loi lui permettant de faire des déficits pour les 5 prochaines années à cause, principalement, des investissements importants nécessaires à la lutte contre la récession et la baisse de revenus qui en découle.



Gouverner avec le bâillon, tout le monde est contre mais tous les partis politiques l’ont utilisé pour diverses raisons, le PQ comme le Parti libéral. Cette loi était nécessaire légalement dans les circonstances, tous les partis le savaient. Au moins la limite de la «permission spéciale de faire des déficits» est fixée à 5 ans.



Je préfère de beaucoup voir le gouvernement prendre les moyens nécessaires pour contrôler ses dépenses et ramener le coût des tarifs pour les services gouvernementaux à leur coût réel voire la moyenne canadienne.



C’est d’ailleurs la volonté du gouvernement Charest tel que spécifié dans un «coulage» dans le journal La Presse de lundi et amoindri ou nuancé dans l’édition de mardi. Cela ressemble à un beau ballon lancé par les libéraux pour préparer le terrain et voir la réaction de la population.

Dans ce texte, il est mentionné que le Québec reçoit

21 milliards de dollars annuellement pour ses services tarifés. C’est 60% de la moyenne canadienne soit 15 milliards

de moins que les autres provinces pour des services comparables. C’est énorme.



C’est le fameux modèle québécois qui remonte à la surface. Ici, la gratuité est une religion et l’État doit payer pour tout le monde peu importe les moyens financiers des citoyens.



Le gouvernement majoritaire de Jean Charest aura-il la volonté et la fermeté nécessaire pour enfin briser ce tabou et implanter le principe de l’utilisateur-payeur en protégeant, bien sûr, les moins nantis de notre société? J’en doute et

l’espère tout à la fois.



Majoritaire et en début de son troisième mandat, Jean Charest a une excellente occasion de laisser sa marque et de montrer qu’il peut faire autre chose que naviguer et gouverner selon les sondages pour faire plaisir à tout le monde.



Les finances de l’État doivent être redressées et les moyens à prendre ne seront pas populaires car il faut briser le modèle québécois de la gratuité et des tarifs qui ne représentent pas le coût des services.



La société québécoise n’a plus les moyens de continuer sur cette lancée qui remonte à la Révolution tranquille. Tout le monde le sait, les politiciens de tous les partis politiques

le savent, mais personne n’a «les couilles» de foncer et

prendre les mesures nécessaires au changement de modèle de société.



Le projet de majoration des tarifs gouvernementaux est un geste que doit poser rapidement le gouvernement. Jean Charest n’a rien à perdre, il peut gouverner sans penser, comme tous les politiciens, à être réélu. Il ne sera

probablement pas candidat aux prochaines élections.



Il doit en profiter s’il veut laisser une empreinte positive

derrière lui et une société en santé financièrement. Sinon,

il nous laissera le goût amer d’un politicien moyen qui a

gouverné comme un roseau à l’automne.



François Laferrière

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