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L’intégrité plus importante que l’éthique

François Laferrière par François Laferrière
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Article mis en ligne le 6 mai 2009 à 11:30
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L’intégrité plus importante que l’éthique
Depuis quelques semaines, nous sommes envahis par des nouvelles déconcertantes sur les manques d’éthique des politiciens et hauts fonctionnaires municipaux de Montréal.

Cela n’a plus aucun sens.



Les faits révélés, surtout par le quotidien La Presse, sont gênants et dépassent l’entendement des observateurs politiques. Les citoyens, eux, semblent immunisés et résignés face aux malversations et au manque d’éthique de leurs dirigeants montréalais.



Montréal est devenu un cloaque, à tous les sens du mot. La première ville du Québec est laissée à l’abandon entre les mains d’un maire dont la principale qualité est sa légendaire gentillesse. Pour le reste il gouverne sa ville par le laisser-faire total et l’ignorance de ce qui se passe dans sa cour.

Le maire Gérald Tremblay a oublié une règle élémentaire en gestion : la personne au sommet de la pyramide assume, porte l’entière responsabilité, des gestes de ceux qui travaillent sous lui. Le vrai boss de la ville de Montréal c’est lui, Gérald Tremblay.



Avec un boss comme cela, qui ne voit rien, ne dirige rien, sort toujours des limbes quand il apprend ce que tout le monde sait très bien, la ville de Montréal peut bien être dans un état lamentable.



Le maire Tremblay se devait de savoir ce qui se passait ou se tramait à l’Office municipal d’habitation de Montréal. Il se devait aussi de connaître le copinage de Frank Zampino et des autres hauts fonctionnaire ou membres de son comité exécutif. C’est sa responsabilité première et son devoir.

En ce sens, le maire Tremblay n’a pas fait son travail de chien de garde de son administration. Il a manqué à son devoir premier par négligence, innocence, ou pire encore, par complaisance. N’importe quel ministre aurait dû démissionner pour moins que cela.



Le maire Tremblay est enduit de téflon et il a le culot de blâmer La Presse pour son «acharnement» à son endroit alors que ces journalistes ont fait leur travail à sa place, soit surveiller ce qui se passait dans sa cour à l’administration de la ville de Montréal.



Cela, aucun code d’éthique aurait pu l’empêcher. Les politiciens et les cadres supérieurs des villes se doivent avant tout d’être d’une honnêteté et d’une intégrité à toute épreuve. Un code d’éthique, c’est un guide et seulement un guide, qui décrit ce que le sens commun impose de facto aux personnes qui agissent dans des fonctions publiques.



Ici, le maire Marc Gascon a donné son appui à la ministre des Affaires municipales, Mme Nathalie Normandeau, dans son intention de rédiger un code d’éthique pour le milieu municipal. Ce n’est pas surprenant quand on connait l’intégrité fondamentale sur laquelle repose sa carrière politique.



Quant à Montréal, il faudra qu’un jour ou l’autre, la métropole du Québec soit mise en tutelle pour effectuer le grand ménage qui s’impose autant dans le personnel, les cliques politiques et les structures mêmes de la ville. La ministre Normandeau en aura-t-elle le courage politique?

François Laferrière

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