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L’ingérable

François Laferrière par François Laferrière
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Article mis en ligne le 8 avril 2009 à 10:49
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L’ingérable
La récession, la crise économique, la fermeture d’entreprises, le problème du décrochage scolaire, l’application de la fameuse réforme de l’éducation et j’en passe, tous ces problèmes ont un dénominateur commun : l’énormité de ces organisations devenues ingérables.



L’appétit vorace des gens d’affaires devenus gloutons des chiffres d’affaires et des profits projetés, a amené des vagues successives de fusions et d’acquisitions et les bonis mirobolants pour les grands patrons. On ne parle plus de millions mais de milliards.



Toutes ces fusions et acquisitions étaient sensées permettre une meilleure compétitivité, une rationalisation des opérations et de meilleurs profits pour les actionnaires…et les patrons. Cela s’est avéré vrai pendant un certain temps, jusqu’à ce que la bulle éclate.



Avec les années, la cupidité des hommes et l’appât du gain ont amené les entreprises à un niveau tellement gros qu’elles sont devenues difficiles à gérer pour ne pas dire ingérables.

Par exemple, notre fleuron de l’aluminium, Alcan, qui est devenu une filiale de Rio Tinto vacille maintenant comme les autres méga-entreprises de la planète. Fermetures et mises à pied massives se suivent les unes après les autres. Ces problèmes sont mis sur le dos de la récession.



Et si c’était justement la grosseur de ces monstres d’entreprises, l’incapacité des hommes à les diriger ou les gérer qui avaient amené de mauvaises décisions et causé la récession? C’est fort possible, mais ne comptez pas sur les grands pontes de la finance et des affaires pour être d’accord avec cela.



Nos gouvernements ont suivi le même chemin. L’ajout de structures aussi énormes les unes que les autres ont créé l’inefficacité structurelle. Le plus bel exemple de cela est la Ville de Montréal qui croule sous une multitude de paliers de pouvoir et l’incohérence administrative. Cette ville est ingérable dans l’état actuel de ses structures.



Dans le monde scolaire, il se passe un peu la même chose. Le ministère de l’Éducation démultiplie les niveaux de pouvoirs. Les bureaux régionaux du ministère, les commissions scolaires, les conseils d’établissements et les directions d’écoles se partagent le pouvoir et les champs d’action. C’est devenu ingérable et un modèle d’inefficacité. La machine est trop grosse.



On dirait que notre société des dernières décennies a appliqué le tristement célèbre slogan d’Elvis Gratton ‘think big…stie’. Le retour du balancier vers une dimension plus humaine est souhaitable pour ne pas dire inévitable.



La prise de conscience de l’importance des liens entre humains, le rapprochement du niveau de prise de décision des individus sont une bonne piste de solution. Augmenter les liens entre l’école, les enseignants et les étudiants est une grande piste de solution du décrochage scolaire.



Il faut ramener les structures de gouvernance à un niveau plus humain, à plus petite échelle. Les entreprises qui ont compris cela passent très bien au travers de la récession.

Les gouvernements devraient s’en inspirer.



François Laferrière

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