Les syndicats manifestent contre le projet Optilab

Mathieu Ste-Marie mathieu.ste-marie@tc.tc
Publié le 24 novembre 2016

Des syndiqués ont manifesté contre le projet Optilab qui vise la fusion des services des laboratoires.

©Photo: TC Media-Élaine Nicol

SAINT-JÉRÔME. Sur les quelque 110 technologistes médicaux à Saint-Jérôme environ 20 % perdront leur emploi et d'autres seront transférés à Laval à cause du projet Optilab du ministre de la Santé Gaétan Barrette, ont dénoncé les syndiqués jeudi.


Dans la région, ce projet entraînera le regroupement des laboratoires de Laval, Laurentides et Lanaudière. C'est le laboratoire de l'Hôpital de la Cité-de-la-Santé à Laval qui a été désigné à titre de laboratoire serveur où une majorité d'analyses seront effectuées. Cette décision aura un impact sur le service rendu à la population, estime Mélissa Gaouette, vice-présidente de la Fédération de la santé et des services sociaux (FSSS-CSN).

«On pense que les délais de traitement pour les spécimens vont être dépassés et nous avons peur qu'il y ait des pertes lors des transports. Des gens pourraient devoir repasser des tests», a expliqué Mme Gaouette lors d'une manifestation tenue devant l'Hôpital de Saint-Jérôme où s'étaient réunis des représentants syndicaux et des employés.

Ce projet aura pour conséquence la perte d'environ 22 emplois à Saint-Jérôme et le transfert de plusieurs technologistes et provoquera ainsi la perte d'une expertise dans les Laurentides, déplore la vice-présidente.

«Les travailleurs sont en panique actuellement. Ils s'inquiètent beaucoup pour leur avenir», raconte celle qui n'a pas été avisée par la partie patronale du pourcentage des employés qui seront transférés.

Mélissa Gaouette, vice-présidente de la Fédération de la santé et des services sociaux.

©Photo: TC Media-Élaine Nicol

Les employés inquiets

À l'instar de Mme Gaouette, Jean-François Boucher, président du syndicat des employés du CISSS des Pays-d'en-Haut, affirme que les quelque 300 technologistes des Laurentides vivent une grande incertitude.

«Ça change une vie lorsqu'on apprend qu'on devra désormais travailler à Laval. Dans ce métier, c'est difficile de se replacer parce que c'est très spécifique comme emploi. Des gens qui habitent loin de Laval devront réorienter leur carrière ou déménager leur famille», observe M. Boucher qui affirme que son syndicat fera tout en son pouvoir pour garder le maximum d'emplois en région.  
  
De son côté, Frédéric Brun, vice-président du Conseil central des syndicats nationaux des Laurentides, s'inquiète pour le service donné à la population de Saint-Jérôme.

«Le gouvernement veut toujours centraliser tout ça en réduisant les services à la population dans la région», s'indigne M. Brun.   .   

Jean-François Boucher, président du syndicat des employés du CISSS des Pays-d'en-Haut.

©Photo: TC Media-Élaine Nicol

Pas de fermeture de laboratoire

Le projet Optilab n'entraînera pas la fermeture des laboratoires qui se trouvent dans les hôpitaux des Laurentides, a précisé la direction du Centre intégré de santé et de services sociaux (CISSS) des Laurentides, en juin dernier.

«Les analyses provenant des patients hospitalisés et de l'urgence où les analyses ne pouvant être transportées continueront d'être traitées dans les laboratoires locaux qui poursuivront leurs opérations de façon complémentaire», a indiqué la direction du CISSS.

Elle a également mentionné que la mise en commun des ressources matérielles pour les régions de Laval, Laurentides et Lanaudière permettra de munir le laboratoire de Laval de serveur d'équipements très performants et à la fine pointe de la technologie, améliorant ainsi la capacité de production globale et la qualité de certaines analyses.