Les cabanes à sucre souffrent de la température froide


Publié le 17 mars 2017

La saison des sucres a connu un mauvais départ pour Denise Bouvrette.

©Photo: TC Media-Mathieu Ste-Marie

ACÉRICULTURE. Le froid des derniers jours a donné bien des maux de tête aux propriétaires de cabanes à sucre de la région.

«La température ne nous aide pas, c'est trop froid. Il n'y a pas d'eau d'érable, explique Denise Bouvrette, propriétaire de la Cabane à Sucre Bouvrette à Saint-Jérôme. La température était très douce en février et ç'a été très froid par la suite. Ce n'est pas bon pour les érables. Ça ne s’annonce pas bien», indique-t-elle.

À Mirabel, Sylvie Leclerc, copropriétaire de l'entreprise Aux saveurs du printemps avec son conjoint Patrice Lalande, dresse un constat similaire.

«Nous attendons le redoux pour que les érables puissent couler. Ç’a été difficile ces derniers jours», mentionne-t-elle. En plus d'affecter la production acéricole, la température refroidit les ardeurs de ceux qui ont la dent sucrée.

«C'est moins intéressant d'aller dans une cabane à sucre quand il fait froid», constate Mme Leclerc. «Il n’y a pas beaucoup d'achalandage», note Mme Bouvrette.

Heureusement pour les deux femmes d'affaires, la saison des sucres, qui a été lancée officiellement dans les Laurentides le 28 février, est loin d'être terminée. Toutefois, la température devra s'adoucir dans les prochains jours.

«D'une année à l'autre, la récolte est variable. C'est très difficile à prédire», souligne Mme Leclerc qui précise que l'an dernier a été une très bonne saison pour son entreprise. 
 
 Pris par surprise
 
Avant le froid glacial de mars, les températures clémentes de février ont joué un tour à plusieurs producteurs acéricoles, affirme Caroline Cyr, agente de communication à la Fédération des producteurs acéricoles du Québec. «Des producteurs ont été pris de court. Plusieurs d'entre eux n'étaient pas prêts à entailler», lance-t-elle.

Le président du syndicat des producteurs acéricoles Outaouais-Laurentides, Normand Foisy, estime plutôt que les acériculteurs québécois sont habitués aux fluctuations de température.

«Nous sommes dans les changements climatiques depuis quelques années. Il y a souvent des redoux, les producteurs sont habitués. Les grosses productions commencent au mois de janvier», raconte l'acériculteur de Ferme-Neuve.

Malgré le temps froid des derniers jours, M. Foisy est plutôt positif quant à la récolte de l'eau d'érable. «Ça ne peut pas être une petite année. Il y a encore une épaisse couche de neige et le soleil passe au travers. De plus, nous avons connu un été ensoleillé», explique-t-il.   
 
Le sirop d'érable en chiffres 

9,35 M$: vente de sirop d'érable dans les Laurentides;

3,6 millions de litres de sirop d'érable en 2014 dans la région Outaouais-Laurentides;

305,3 M$ de recettes générées par la production de sirop d'érable au Québec;

70 %: production mondiale de sirop d'érable en provenance du Québec;

29 producteurs acéricoles à Mirabel;

230 450 entailles à Mirabel.
 

L'eau d'érable a gelé à cause du froid intense.

©Photo: TC Media-Mathieu Ste-Marie