«Nous avons enfin des éléments de poursuite»

-Stéphane Maher


Publié le 13 février 2017

Le maire actuel, Stéphane Maher, promet de récupérer les sommes dues à la Ville de Saint-Jérôme.

©Photo : TC Media – archives

COLLUSION. À la suite des aveux de l'ex-directeur de l'ingénierie de la Ville de Saint-Jérôme, Érick Frigon, devant le conseil de discipline de l'Ordre des ingénieurs du Québec (OIQ), le maire Stéphane Maher a promis de poursuivre les entreprises mêlées à un système de collusion et qui auraient obtenu des contrats avec la Ville de Saint-Jérôme entre 2002 et 2010.

Nous analyserons tous les contrats de cette époque sans exception. Stéphane Maher

«Enfin, nous avons des éléments de preuve concrets qui prouvent les rumeurs et allégations de collusion qui circulent depuis des années, a souligné le maire Stéphane Maher. Nous allons prendre toutes les mesures prévues par la loi pour récupérer les sommes payées injustement par les citoyens de Saint-Jérôme.»

Le maire dit «avoir invité l'Unité permanente anticorruption (UPAC)» à mener sa propre enquête dans ce dossier.

Partage des contrats

Selon une enquête du Journal de Montréal, la Ville de Saint-Jérôme aurait octroyé des contrats à quatre firmes de génie-conseil durant une dizaine d'années, grâce à un système de partage de contrats, tel qu'indiqué par Érick Frigon lorsqu'il a plaidé coupable en décembre dernier devant le conseil de discipline de l’Ordre des ingénieurs du Québec (OIQ).

Implication de politiciens

Selon les révélations d’Érick Frigon, il n’était qu’un acteur du dossier. Selon ses propos, quand il est entré en fonction, le système était bien en place et son travail consistait à informer la firme qui avait été désignée à l’avance par des acteurs politiques. Même s’il a avoué sa participation au stratagème, il a expliqué qu’il a contribué à mettre en place les mécanismes pour mettre fin à ce système de collusion à Saint-Jérôme.

À peine quelques mois après l’élection du nouveau conseil municipal en novembre 2013, Érick Frigon a quitté la municipalité en avril 2014. «Nous avons fait le ménage, car nous voulions commencer une nouvelle ère et faire oublier les jours assombris par les allégations de corruption et les scandales soulevés par la commission Charbonneau», a souligné le maire Stéphane Maher. Afin d’assurer la qualité de la gérance des fonds publics et de mettre l’intégrité et la transparence au premier rang, des gestes concrets ont été posés.

Loi 26

La loi 26 permet aux municipalités de faire des poursuites au civil. «Tous les acteurs impliqués dans le dossier de collusion à Saint-Jérôme seront poursuivis. Nous allons récupérer toutes les sommes. On peut même recouvrer des sommes sur des fonds de retraite. De plus, une vaste enquête à l'interne sera effectuée», a expliqué Stéphane Maher. Sous cette loi, une dizaine de compagnies ont avoué leur crime et la Ville pourra récupérer 20 % de la valeur des contrats d'au moins six de ces compagnies qui auraient transigé avec Saint-Jérôme. «À titre d'exemple, le contrat de l'usine d'épuration d'eau a coûté 50 M$».

«Je veux rassurer la population de Saint-Jérôme», dit le maire  Stéphane Maher. «Oui, il y a eu des pratiques malhonnêtes à la Ville sous l’administration précédente, mais les élus et les administrateurs qui en étaient responsables ne sont plus là aujourd’hui. Les citoyens pourront tourner cette triste page de notre histoire. Notre ville ne méritait pas ça. Saint-Jérôme est un milieu de vie exceptionnel, une destination de tous les possibles, une ville universitaire, une cité régionale vivante et prospère qui attire des milliers de nouveaux résidents chaque année», a conclu M. Maher.

Marc Gascon était maire à l'époque du système de collusion allégué.

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