Les funérailles de Jacques Grand'Maison célébrées

Françoise Le Guen francoise.leguen@tc.tc
Publié le 19 novembre 2016

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SAINT-JÉRÔME. Les funérailles de Monseigneur Jacques Grand’Maison ont été célébrées samedi matin à la cathédrale de Saint-Jérôme. Chanoine titulaire, sociologue et théologien, professeur émérite de l’Université de Montréal, il s'est éteint le 6 novembre dernier, à l’âge de 84 ans, des suites d'un cancer des os.

Quelques centaines de personnes ont assisté à la cérémonie, dont plusieurs personnalités politiques, Bernard Landry, Pierre Karl Péladeau, l'ex-député de Saint-Jérôme, Lise Thériault, vice-première ministre du Québec, Kathleen Weil, ministre de l’Immigration et Daniel Paillé qui représentait le député fédéral Rhéal Fortin. Les funérailles ont été présidées par Mgr Pierre Morissette. Ce dernier a partagé lors de son homélie quelques-unes des dernières paroles de Jacques Grand'Maison, paroles qui, malgré sa souffrance, étaient toujours empreintes d'humour, de pétillements et de sagesse, qui l'ont toujours habité: «Vous viendrez bien me rejoindre un jour!», lui a confié celui qui portait en lui deux amours : «Dieu et les hommes et femmes de chez nous».

Il aura vécu 60 ans de sacerdoce et oeuvré pour que ses deux amours se rejoignent, a rappelé Mgr Morissette ajoutant que «Jacques Grand'Maison ne se sentait pas possesseur de la vérité sur Dieu.» Il  pouvait cependant «jouer dur» ajoute l'évêque de Saint-Jérôme. «On sentait parfois l'accent du prophète. Il s'indignait». Mais aussi, il ne pouvait pas vivre sans écrire. Il a d'ailleurs laissé à ceux qui l'aimaient un testament spirituel dans lequel il écrivait: «Mes amis, ne me pleurez pas. Pensez aux bons moments vécus ensemble.» Et aussi: «C'est avec cette confiance radicale que je vais vers lui. Je ne quitte pas, j'arrive. Je le risque comme Lui m'a risqué.»

Témoignages

Pour le maire de Saint-Jérôme, Stéphane Maher, il était très important d'être à la cérémonie. «Mon père a bien connu Jacques Grand'Maison. Plus jeune, il était très présent dans le quartier Sainte-Marcelle. Il faisait de grandes marches de Saint-Jérôme jusqu'à Lachute et mon père y a participé longtemps.» Denise Bombardier était une grande amie de Jacques Grand'Maison, depuis 40 ans. «Il n'est plus là, nous dit-elle avec émotion. Il m'a dit, il y a trois semaines: c'est la dernière fois qu'on se parle, je suis en train de mourir. Quand je l'ai rencontré, j'étais jeune journaliste. Il connaissait toute ma vie, il me consolait quand j'étais malheureuse. Et je le consolais aussi. Il souffrait tellement à la fin.»

Prêtre et sociologue

Sociologue, prêtre, enseignant et écrivain, Jacques Grand’Maison est né à Saint-Jérôme le 18 décembre 1931, dernier vivant d’une famille de cinq enfants.  Il a été ordonné prêtre en 1956.  Professeur à l’Université de Montréal (1968-1997), curé de la paroisse de Saint-Hippolyte durant 30 ans, il a été un militant de la Révolution tranquille, à la fois nationaliste et sociodémocrate. Issu d’une famille ouvrière de Saint-Jérôme, il a oeuvré dans les milieux ouvriers, notamment du temps de la Jeunesse étudiante catholique et de la Jeunesse ouvrière catholique. Dans les années 1970, à la fermeture de l’une des trois grosses usines de Saint-Jérôme, la Regent Knitting Mills, il fit partie du comité à l’origine du projet de l’usine Tricofil, une coopérative autogérée de travailleurs du textile. Il a publié plus d’une cinquantaine d’ouvrages, et initié plusieurs projets collectifs sociaux et pastoraux.  Jacques Grand'Maison laisse à l’histoire moderne du Québec un précieux héritage.

 

Stéphane Maher.

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Denise Bombardier.

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Funérailles de Jacques Grand'Maison à la cathédrale de Saint-Jérôme, le samedi 19 novembre.

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