Thomas Mulcair appuie les démarches de Saint-Hippolyte

Red Pine - Projet de mines dans les Laurentides

Françoise Le Guen francoise.leguen@tc.tc
Publié le 21 avril 2011

Le chef adjoint du Nouveau Parti démocratique, Thomas Mulcair, rencontrait ce matin (21 avril) Bruno Laroche, maire de Saint-Hippolyte, accompagné par les candidats NPD, Pierre Dionne Labelle et Marc-André Morin. Objectif de la rencontre : appuyer les démarches en vue d’empêcher le projet d’implantation d’une mine de fer dans la municipalité. Pour les représentants du NPD tout projet minier doit prévoir une exploitation durable des ressources.

L’ex-ministre de l’environnent connaît bien la région pour s’être impliqué dans le dossier du parc des falaises dans Prévost, Piedmont et Saint- Hippolyte. Et parce que son fils Matthew Mulcair (SQ), demeure à Prévost. D’ailleurs, son épouse Jasmine Côté et leur petite fille, Juliette Mulcair, participaient à la rencontre.

Thomas Mulcair, unique député néo-démocrate du Québec a déclaré : «Même si nous n’étions pas en période électorale, je serai venu !» en rajoutant , «Je me tiendrais debout à la Chambre des communes.»  Le député a mis l’emphase sur le fait que   les décisions qui seront prises «vont affecter les générations à venir »  «Une grande part de notre économie repose sur l’extraction des ressources naturelles, mais toute exploitation doit respecter les collectivités qui seront affectées par ses opérations et ne doit pas nuire à la qualité de l’environnement.» « Le gouvernement fédéral aura à évaluer l’impact de ce projet. » Sur la question de l’enjeu électoral, Thomas  Mulcair a répondu que la vision du NPD a toujours priorisé le développement durable.

 « La nappe phréatique pourrait être affectée sur une distance de 7 km.» Pierre Dionne Labelle

Le candidat Pierre Dionne Labelle, circonscription Rivière-du-Nord, a insisté sur le fait que se sont les citoyens de Saint-Hippolyte qui doivent décider du type de développement durable sur leur territoire : « La municipalité compte 62 lacs, de nombreux ruisseaux et rivières. L’exploitation d’une mine fait courir des risques démesurés au fragile équilibre écologue du milieu. La nappe phréatique pourrait être affectée sur une distance de 7 km.»

 Comportement délinquant des minières à la suite de l’exploitation d’un site pour Marc-André Morin

 Marc-André Morin, candidat NPD, circonscription Laurentides-Labelle, dénonce le comportement délinquant des minières à la suite de l’exploitation d’un site.  Et rajoute : «Pour la compagnie, ce sont de petits gisements payants. Ici, nous ne sommes pas au fond du bois, mais  juste à côté des infrastructures nécessaires pour l’exploitation.»

 Le projet Red Pine, encore à l’étape de l’exploration, vise à extraire un gisement de 60 millions de tonnes de fer. Outre le creusage d’une mine à ciel ouvert de deux kilomètres de diamètre l’achalandage accru de transport lourd, le bruit, les poussières, le dynamitage, les résidus miniers, des inconvénients majeurs, il faut considérer la perte économique subit par la région, le marché immobilier est déjà stagnant, ici  à Saint-Hippolyte. «Nous avons une épée de Damoclès au-dessus de notre tête», dénonce Mathieu Meunier  (Non aux mines à Saint-Hippolyte).

 Début des forages et  nouveaux claims

 Selon nos informations, l’exploration débuterait dès mardi matin, au Lac Adair (Sainte- Hippolyte). Nous apprenons également que, le 19 avril, de nouveaux claims ont été attribués, touchant le territoire de Morin-Heights et une partie de Saint-Adolphe-d'Howard. Les recherches au niveau du champ magnétique indique que le territoire  s’étend largement dans les Laurentides.

Depuis 2000, le procédé principal d’acquisition est la désignation sur carte, ou « click and claim » qui permet d’acquérir un claim à partir d’un site Internet du gouvernement. L’obtention du claim est extrêmement aisée, puisqu’à partir du moment où le formulaire de désignation est rempli correctement et où aucun autre titre minier n’existe sur le terrain convoité, le claim est acquis.

 Secret de polichinelle

Présent à la rencontre, Mathieu Meunier et son épouse Isabelle, expliquent être bien conscients que les retombées économiques sont les seuls objectifs de la compagnie, (hausse de sa valeur boursière.) « C’est un secret de polichinelle, dénonce Isabelle. Par contre, pour arrêter l’implantation, pourquoi le gouvernement n’applique pas l’article 82 *de la Loi sur les mines? »

 D’après «Pour que le Québec ait meilleure mine» cette prérogative ministérielle ne semble que très rarement mise en œuvre pour ne pas décourager les investissements miniers

 *Article 82. Les ministres du MRNF et du MDDEP peuvent, conjointement ou individuellement, ordonner la cessation des travaux, s'ils le jugent nécessaire, afin de permettre l'utilisation du territoire à des fins d’utilité ou d’intérêt public. Après une période de six mois d’inactivité minière, si le ministre juge que la cessation des travaux doit être maintenue, il peut procéder à l'expropriation du titre minier. La notion d’intérêt public inclut, entre autres, la création d’aires protégées et la protection de milieux écologiques et culturels valorisés.