«Les infrastructures municipales d’épuration des eaux usées apparaissent déficientes à Saint-Jérôme où un nombre très élevé de débordements d’eaux usées se produit à chaque année » selon l’inventaire des résultats des quatre dernières années réalisé par la Fondation Rivières pour la rivière du Nord.
Le bilan en question, nous dit-on, évalue la performance des usines de traitement des eaux usées et des ouvrages de surverses situées le long de la rivière ou sur l’un de ses affluents.
« Dans le segment nord de la rivière, le bilan est somme toute positif grâce aux investissements des villes de Sainte-Agathe-des-Monts et de Sainte-Adèle pour corriger les problèmes rencontrés au cours des dernières années. Cependant, dans le segment sud de la rivière, principalement pour les villes de Lachute et de Saint-Jérôme, des débordements d’eaux usées par centaines en temps de pluie, de fonte ou lors de situations d’urgence sont constatés » affirment les gens de la Fondation rivières dans un communiqué de presse publié vendredi dernier en milieu d’après-midi.
Entre 243 et 314 déversements
Selon l’évaluation des gens de la Fondation, à Saint-Jérôme on aurait dénoté entre 243 et 314 débordements entre 2008 et 2011, comprenant de deux à six points de déversements « non conformes aux exigences prescrites par le ministère du Développement durable, de l’Environnement et des Parcs ».
Toujours selon la Fondation, le réseau comporterait 44 points de surverses en tout, dont trois points connaitraient de 21 à 33 débordements par année.
En comparaison, dans le secteur Saint-Canut de Mirabel, on aurait noté entre 27 et 131 débordements, « comprenant deux points de déversements non conformes ». « Le réseau comporte 12 points de surverses dont un a connu 35 débordements en 2011 ».
« La situation est plus critique à Lachute où on constate entre 451 et 496 débordements à chaque année comprenant d’un à deux points de déversements non conformes aux exigences. Le réseau comporte au total 20 points de surverses dont 12 ont connu de 20 à 75 débordements en 2011 » relève-t-on.
Réseau sur-sollicités
Pour les dirigeants de la Fondation rivières, il ne faudrait pas chercher bien loin les causes de cette situation.
« Lors des grandes pluies, les réseaux d’égouts et les usines de traitement des eaux usées sont sursollicités. Comme il est impossible d’acheminer toutes les eaux au système de traitement, des déversements aux rivières sont prévus, mais ceux-ci doivent être minimisés et interdits lorsque des impacts environnementaux importants sont prévus. Des travaux correctifs sont requis lorsque les exigences ne sont pas respectées comme c’est présentement le cas pour Saint-Jérôme, Mirabel et Lachute ».
D’ailleurs, aux yeux de ces derniers, « en plus d’être nauséabondes et potentiellement cause de mortalité, les eaux usées affectent l’habitat du poisson, empêche la baignade et modifie à long terme les écosystèmes ». Les données utilisées pour ce bilan de la rivière du Nord proviennent du système de suivi « Suivi des ouvrages municipaux d’assainissement des eaux » (SOMAE) du ministère des Affaires municipales, des régions et de l’Occupation du territoire.
Réaction
En fin d’après-midi, aujourd’hui (mardi), la mairie de Saint-Jérôme émettait le commentaire suivant: «En 2011, la Ville de Saint-Jérôme a enregistré 279 déversements dans la rivière du Nord. Il s’agit pour la plupart de déversements autorisés répondant aux exigences de débordement établies par le MDDEP. Comme partout ailleurs au Québec, le réseau d’assainissement de la ville de St-Jérôme est conçu pour traiter la grande majorité des débits sanitaires. Cependant, dans les secteurs plus âgés de la ville, lors d’épisodes de pluies intenses ou de fonte des neiges, d’importants débits pluviaux se mêlent aux rejets sanitaires. Dans ces situations, les débits excédentaires ne pouvant être traités par les infrastructures d’assainissement sont acheminés à la rivière selon les normes établies par le MDDEP. Ces débordements, constitués d’un mélange de rejets sanitaires et d’eau de pluie sont toujours de très courte durée (de l’ordre de quelques heures seulement). Chaque année, le ministère du Développement durable, de l’Environnement et des Parcs établit une cote relative au respect des exigences de rejets. En 2011, la Ville de Saint-Jérôme a obtenu une note de 95%. Sur les 279 déversements à la rivière, seulement 25 ont été jugés problématiques, en raison principalement de deux points de surverse défaillants. Les équipes du Service des travaux publics sont bien informées de la situation puisque des relevés hebdomadaires sont effectués, selon les normes du ministère. Enfin, le cas de ces deux points surverses est actuellement à l’étude et des fonds sont prévus au PTI (Programme triennal d’immobilisations) en vue de réaliser des travaux correctifs».
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